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Les dangers de Tik Tok pour vos enfants et comment s’en prémunir

Les dangers de Tik Tok pour vos enfants et comment s'en prémunir








Avec ses challenges funs et ses fonctionnalités de montage sophistiquées, l’appli de playback Tik Tok fait un carton chez les 12-16 ans. S’il s’agissait d’un réseau social inoffensif, il n’y aurait probablement pas de problème. Mais entre le narcissisme ambiant, l’hypersexualisation des jeunes filles et la présence d’utilisateurs malveillants, cette plateforme n’est clairement pas exempte de dangers pour vos enfants.
 

Une hypersexualisation précoce et néfaste


Il faut avant tout noter que sur Tik Tok, la majorité des utilisateurs ont moins de 15 ans. On y trouve même des pré-ados, de 11-13 ans, malgré le fait que ce service soit déconseillé à cette tranche d’âge. Ces collégiens et ces écoliers, qui sont en pleine phase de construction identitaire, se retrouvent en fait dans un monde d’adultes, et sont bombardés par la superficialité et le culte de la beauté et du corps, inhérents à notre culture de la télé-réalité. Comme sur Instagram, mais en vidéo, chaque utilisateur tente de se mettre en valeur, en se montrant sous son meilleur jour, en utilisant des filtres, et n’attend qu’une chose : des likes, des partages et des commentaires élogieux.
 

Or, les messages qui suivent les vidéos sur Tik Tok se résument bien souvent à des commentaires liés au physique : « t’es trop canon », « t’es trop belle », « tu as un corps de rêve ». Car ce qui frappe lorsque vous vous promenez sur Tik Tok, c’est le caractère sexuel des clips. La plupart du temps, afin de se démarquer des autres et d’obtenir de la « reconnaissance », les jeunes adolescentes dansent lascivement, en exhibant leur nombril et leurs vêtements moulants, en tentant probablement d’imiter les starlettes sexy qu’elles adulent. Sur France Inter, Sonia Devillers décrit bien le fond du problème : « Plongée dans l’esthétique corporelle d’une jeunesse totalement clonée : toutes, les cheveux longs ; toutes, la poitrine très rehaussée ; toutes, le t-shirt coupé sous les seins ; toutes, le ventre ultra plat, nombril dénudé ; toutes, les fesses rebondies ; toutes, quasi le même visage à la fois lisse et mutin. C’est complètement flippant. D’autant plus dérangeant qu’elles dansent toutes de la même manière, déhanchant du petit popotin et balançant leurs seins en avant. Une gestuelle hyper-sexualisée reproduite à l’infinie par des très jeunes filles qui se copient dans le monde entier ».

 

Des enfants de 11 ans et des pédophiles

Quand vous tentez de vous inscrire sur Tik Tok mais que vous donnez une date de naissance située après 2005 (donc avant 13 ans), un message vous dit respectueusement que « Oops, désolé, il semblerait que vous ne soyez pas admissible ». Mais il est bien sûr possible de tricher… Dans sa vidéo “La face cachée de TikTok”, le youtubeur « Le Roi des rats », un « justicier du web » habitué à dénoncer les dérives des réseaux sociaux, donne l’exemple de deux jeunes utilisatrices :  Brianna Buchanan et Danielle Cohn. Respectivement âgées de 13 et 14 ans… et qui ont toutes deux commencé sur Musical.ly (l’ancêtre de Tik Tok) quand elles en avaient 11.

Depuis le CM2, Brianna Buchanan et Danielle Cohn postent ainsi des vidéos de danse sexy, dans lesquelles elles sont généralement vêtues d’un minishort et d’un crop top. Elles comptent chacune 1,7 million et 11 millions d’abonnés, et ne semblent pas réellement avoir conscience des risques. Outre le fait que cette hypersexualisation est forcément néfaste pour l’équilibre psychologique de ces jeunes filles (et de toutes celles qui, par centaines ou par milliers, les imitent sur Tik Tok), il faut ainsi rappeler que tout se fait par défaut en mode « public », devant des millions d’internautes, qui pour se connecter n’ont besoin que d’un compte Facebook, Instagram, Twitter, Google, ou encore d’un email ou numéro de téléphone.
 

Les pré-ados et ados sur Tik Tok ne semblent pas vraiment avoir de recul sur la dangerosité de leurs actions. Car sans sombrer dans la parano, les profils des utilisateurs / utilisatrices sont publics et facilement contactables (il suffit de suivre quelqu’un pour pouvoir lui écrire). Ce qui explique sans doute pourquoi, comme le montre « Le Roi des rats » dans sa vidéo flippante, on trouve sur Tik Tok toute une communauté de pervers sexuels, voire de pédophiles en puissance. Ainsi de nombreux comptes, appartenant à des hommes, ne suivent que de jeunes filles prépubères, et ne « likent » que des vidéos où celles-ci dansent de façon sexy, avec des vêtements courts. Et tentent d’entrer en contact avec elles. Tout cela, sans se cacher, en toute impunité.
 

Prédateurs et cyberharceleurs

En suivant les comptes de certains de ces utilisateurs (qui postent bien souvent des commentaires déplacés sous les vidéos), le youtubeur a pu les retrouver sur Kik, une application de messagerie instantanée pour smartphone, très utilisée par les pédophiles. « Je me suis infiltré en ajoutant mon pseudo dans ma bio pour inciter les gens à m’ajouter ; et j’en ai ajouté de mon coté. Au final, ce sont à chaque fois des personnes proposant d’échanger des liens ou des pack d’images pédopornographiques. Tik Tok sert donc à la fois de catalogue en libre service, et de point de rencontre pour ces gens », résume Le Roi des Rats. Un genre de mix entre Chatroulette et Instagram, en somme. Par ailleurs, selon une enquête du South China Morning Post, des prédateurs auraient déjà envoyé des messages à des enfants (de 8 à 12 ans) pour leur demander des photos de nus, en Chine, mais aussi aux USA et en Australie.
 

Outre ce risque de voir vos enfants confrontés à des pédophiles, reste celui du cyberharcèlement. Car les commentaires méchants sont tout aussi nombreux que ceux flattant le physique des jeunes filles en vidéo sur le réseau social. Forcément, recevoir une flopée de messages moqueurs et insultants n’est pas forcément l’idéal pour la confiance en soi de préados en pleine construction identitaire. À noter aussi que les vidéos peuvent être téléchargées ou facilement copiées – on trouve ainsi de nombreux clips volés et publiés ensuite sur YouTube dans le seul but de se moquer de leurs créateurs / créatrices.

   
 

Pas fliquer, mais informer, sensibiliser et accompagner

Vous avez un enfant âgé de 11 à 16 ans, et vous ne savez pas quoi faire face à cela ? Plutôt que de psychoter et fliquer votre progéniture, ce qui ne risque pas de lui rendre service, la meilleure des solutions est de l’informer, de la sensibiliser et de l’accompagner, si elle est vraiment déterminée à se rendre sur Tik Tok – mieux vaut que ce soit avec vous que sans vous. Forcément, les critiques contre Tik Tok sont légion, les experts en cybersécurité réclamant notamment une meilleure protection des données personnelles. En réaction, la plateforme a mis en place, à la rentrée dernière, des paramètres de confidentialité permettant de réduire les risques.
 

Evidemment, il est plus que conseillé d’interdire Tik Tok à vos enfants s’ils ont moins de 13 ans. Et s’ils ont plus de 13 ans, comme ils restent tout de même de jeunes ados, plutôt que de les pister, le mieux serait donc de leur expliquer les risques exposés plus haut, et de les accompagner en leur apprenant à bien paramétrer leur compte. Dans « paramètres », puis « paramètres de confidentialité », plusieurs options permettent de limiter la casse au maximum. Vous pouvez d’abord désactiver l’option « autoriser les autres à me trouver », empêcher le téléchargement des vidéos, désactiver les commentaires (ou ne les autoriser qu’aux « amis »), et même empêcher les autres internautes d’envoyer des messages directs. Le « mode restreint », dans « bien-être digital« , permet également de  » limiter l’apparition de vidéos qui peuvent ne pas être adaptées à tous les publics », et de « désactiver les fonctionnalités permettant de démarrer des diffusions live. » Enfin, il est possible de rendre le compte (qui est public par défaut) « privé« , ce qui ne rendra les vidéos visibles qu’aux personnes que l’utilisateur autorisera, et ce qui permettra à ce dernier de « choisir » ses abonnés.
 

Enfin, il s’agit d’un conseil de bon sens, mais vous devriez évidemment pousser votre jeune fille ou jeune garçon à être prudent sur Tik Tok (et les réseaux sociaux en général), en limitant les informations partagées, en « bloquant » puis signalant les personnes louches, en évitant de réaliser des vidéos « limites », et en discutant avec vous en cas de doute. Et comme le dit si bien Le Roi des Rats, « il faudrait essayer de faire comprendre aux jeunes que ce qu’ils peuvent voir sur Instagram ou dans la télé-réalité, ce ne sont que des paillettes, et qu’il n’y a pas besoin de ressembler à ces personnes pour exister ».

 

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Source : https://www.cnetfrance.fr/news/les-dangers-de-tik-tok-pour-vos-enfants-et-comment-s-en-premunir-39876613.htm#xtor=RSS-300021