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Google Walkout : dans le monde entier des salariés ont protesté contre le traitement des cas de harcèlement sexuel

Google Walkout : dans le monde entier des salariés ont protesté contre le traitement des cas de harcèlement sexuel

Hier, des centaines de salariés de Google dans le monde entier ont débrayé pour se rassembler afin de protester contre la façon dont le géant de la recherche a traité les plaintes de harcèlement sexuel, en particulier au niveau de la direction. Le mouvement a commencé à Tokyo. D’autres bureaux dont Singapour, Chicago, Dublin, Londres, Berlin, Zurich, Toronto et New York, ont suivi dans leurs fuseaux horaires respectifs. Un compte Twitter @GoogleWalkout et le hashtag #GoogleWalkout relayaient les évènements à travers le monde.

 

Au siège de Google à Mountain View en Californie, les salariés ont afflué sur une place centrale, près d’un bâtiment qui abrite le bureau du P-dg Sundar Pichai. Certains ont pris la parole au micro tandis que la foule scandait « L’heure est venue » et « Debout ! Bats-toi ! » en brandissant des pancartes qui disaient « Debout pour les femmes de Google » et « Les hommes de Google avec les femmes de Google ».

« Nous représentons vraiment des mouvements qui existent chez Google depuis longtemps », a déclaré Celie O’Neil-Heart, l’une des organisatrices de la protestation, aux journalistes. Un autre employé s’est fait l’écho de ce sentiment. « Ce n’est pas seulement Google. L’heure est venue et c’est la seule façon de le faire. »

 

 Selon les organisateurs, des « milliers » d’employés ont participé à ces débrayages à travers le monde. Ils ont également publié une liste de revendications à l’attention de Sundar Pichai et le cofondateur de Google Larry Page, notamment pour mettre fin à l’arbitrage privé dans les cas d’agression sexuelle et de harcèlement. L’arbitrage privé signifie que les gens renoncent à leur droit d’intenter des poursuites et doivent garder le silence. Ils ont aussi exigé que l’entreprise diffuse un rapport sur la transparence en matière de harcèlement sexuel qui soit mis à la disposition du public.

Les employés de Google qui ont quitté leurs bureaux ont laissé derrière eux un message qui disait : « Je ne suis pas à mon bureau actuellement car je vais participer, en solidarité avec d’autres employés et prestataires de Google, à un rassemblement pour protester contre le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles, le manque de transparence et une culture d’entreprise qui ne fonctionne pas pour tout le monde. »

  

Ce mouvement de protestation est survenu une semaine après la publication par le New York Times d’une enquête explosive sur le harcèlement sexuel au sein de Google. Selon l’article, le créateur d’Android Andy Rubin a été accusé par une employée de l’avoir forcée à avoir des relations sexuelles orales avec lui dans une chambre d’hôtel en 2013. Google aurait trouvé l’allégation crédible et demandé sa démission, lui octroyant une indemnité de départ de 90 millions de dollars sans faire allusion à cette inconduite dans l’annonce du départ d’Andy Rubin. En réponse à l’article, ce dernier a posté un message sur Twitter : « Ces fausses allégations font partie d’une campagne de diffamation. L’article contient de nombreuses inexactitudes au sujet de mon emploi chez Google et de folles exagérations au sujet de ma rémunération ».

Les dirigeants de Google soutiennent les manifestants

L’article du Times a ébranlé Google et suscité la colère de ses employés. La semaine dernière, Larry Page, le P-dg de la maison-mère Alphabet, a présenté ses excuses aux employés lors d’une réunion d’entreprise. Rich DeVaul, directeur de X, le laboratoire d’Alphabet à l’origine des projets expérimentaux comme les voitures autonomes et les lentilles de contact intelligentes, a démissionné plus tôt cette semaine. Il a été accusé de harcèlement, y compris d’inconduite avec une candidate à l’embauche chez Google. Dans une déclaration transmise au New-York Times, DeVaul s’est excusé pour une « erreur de jugement ».

Bien que le mouvement de protestation soit en partie adressé à la haute direction, les dirigeants de Google ont réagi favorablement. Dans une lettre aux employés publiée par Axios, Sundar Pichai a déclaré que le service des ressources humaines de Google veillerait à ce que les gestionnaires à travers toute l’entreprise soient au courant de la grève et que les employés reçoivent le soutien dont ils ont besoin. « Je comprends la colère et la déception que beaucoup d’entre vous ressentent », a écrit Sundar Pichai. « Je le ressens aussi et je m’engage à faire des progrès sur une question qui persiste depuis trop longtemps dans notre société… et, oui, ici, chez Google aussi. »

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Source : https://www.cnetfrance.fr/news/google-walkout-dans-le-monde-entier-des-salaries-ont-proteste-contre-le-traitement-des-cas-de-harcelement-sexuel-39875913.htm#xtor=RSS-300021