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Dragonfly / moteur de recherche pour la Chine : des salariés de Google appellent à l’abandon du projet

Dragonfly / moteur de recherche pour la Chine : des salariés de Google appellent à l’abandon du projet

Les employés de Google ne désarment pas contre Dragonfly, un projet controversé de moteur recherche pour le marché chinois qui pourrait aider les autorités du pays à surveiller les requêtes. Plus de 200 employés de Google, pour la plupart des ingénieurs en informatique, se sont joints à l’organisation Amnesty International mardi pour publier une lettre ouverte demandant au P-DG Sundar Pichai d’abandonner le projet. Google a peu communiqué sur Dragonfly. Selon les informations qui ont fuité, il s’agirait d’un moteur de recherche calibré pour répondre aux exigences en matière de censure en Chine qui permettrait notamment de lier les requêtes des utilisateurs à leurs numéros de téléphone, ce qui faciliterait le travail de pistage des autorités.

« Notre opposition à Dragonfly ne concerne pas la Chine : nous nous opposons aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où qu’ils se trouvent », écrivent les auteurs de la lettre. « Dragonfly en Chine créerait un dangereux précédent à un moment politique instable, un précédent qui rendrait plus difficile pour Google de refuser des concessions similaires à d’autres pays. »

Un porte-parole de Google a répondu par une déclaration que l’entreprise avait déjà faite au sujet du projet : « Nous investissons depuis de nombreuses années pour aider les utilisateurs chinois, depuis le développement d’Android jusqu’aux applications mobiles telles que Google Traduction et Files Go, en passant par nos outils de développement. Mais notre travail sur la recherche a été exploratoire, et nous ne sommes pas près de lancer un produit de recherche en Chine. »

Des rassemblements à San Francisco, Berlin, Toronto et Londres

Amnesty International a également manifesté devant les bureaux de Google dans le monde entier, notamment à San Francisco, Berlin, Toronto et Londres. « Nous appelons les employés de Google à nous soutenir », a déclaré Amy Gordon, membre d’Amnesty International à l’origine de la manifestation de San Francisco. « Nous pensons que Google devrait se battre pour un Internet où l’information est librement accessible à tous. »

Ce n’est pas la première fois que les employés de Google critiquent le projet Dragonfly. Une poignée d’entre eux auraient démissionné à cause de cela et environ 1.000 employés auraient signé une lettre ouverte demandant à l’entreprise d’être transparente sur ce projet. La lettre demandait la création d’un processus d’examen qui inclurait les employés de la base, et non seulement les cadres supérieurs.

Jusqu’ici, Google s’est montré peu dissert à propos de Dragonfly. Toutefois, en septembre, Keith Enright, le responsable de la protection de la vie privée de Google, a confirmé lors d’une audience devant le comité sénatorial du commerce que le projet existe, sans entrer dans le détail. En octobre, Sundar Pichai, le P-DG de Google, a déclaré en octobre que l’entreprise pourrait ne jamais lancer ce moteur de recherche.

« Nous méritons de savoir ce que nous construisons »

Ce mouvement de protestation n’est pas le premier. Plus tôt ce mois-ci, 20.000 employés et prestataires de Google ont quitté les bureaux de l’entreprise dans le monde entier pour protester contre le traitement des plaintes de harcèlement sexuel contre des dirigeants clés.

Certains salariés ont également exprimé leur opposition quant à la volonté de Google de répondre à des appels d’offre pour des contrats militaires. En cause notamment, la participation au projet Maven, une initiative du ministère de la Défense visant à développer une IA pour l’armée américaine. Plus de 4.000 employés auraient signé une pétition adressée à Sundar Pichai lui demandant d’annuler le projet. En juin, Google a déclaré qu’il ne renouvellerait pas le contrat Maven et qu’il ne chercherait pas à obtenir de contrats similaires. Une semaine plus tard, Sundar Pichai a publié un texte précisant les directives éthiques concernant le développement de l’IA. Il a assuré que Google ne créerait pas de technologie qui serait utilisée pour fabriquer des armes, mais continuerait à travailler avec l’armée.

« Google est trop puissant pour ne pas être tenu responsable », écrivent les salariés de Google dans leur lettre publiée hier. « Nous méritons de savoir ce que nous construisons et d’avoir notre mot à dire dans ces décisions importantes. »

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Source : https://www.cnetfrance.fr/news/dragonfly-moteur-de-recherche-pour-la-chine-des-salaries-de-google-appellent-a-l-abandon-du-projet-39877253.htm#xtor=RSS-300021