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Destructeur du tissu social ? Facebook se justifie : « nous avons grandi, ces accusations ne sont plus valables »

Plusieurs anciens dirigeants de Facebook ont critiqué le réseau qu’ils ont participé à créer. Aujourd’hui, Facebook répond à l’un d’entre eux en expliquant que l’entreprise a changé.

Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook et actuel PDG de la société de capital-risque « Social Capital », a déclaré le mois dernier à une classe de la « Stanford Graduate School of Business » que les réseaux sociaux « détruisent le fonctionnement de la société« . Ces remarques sont devenues virales lundi à la suite d’un article publié sur The Verge.

Facebook, une entreprise qui a gagné en maturité ? 

Ce mardi, Facebook s’est donné la peine de répondre aux commentaires de Palihapitiya:

« Chamath n’est plus chez Facebook depuis plus de six ans. Lorsqu’il était chez Facebook, nous nous sommes concentrés sur la création de nouvelles expériences sur les réseaux  sociaux et sur la croissance de Facebook à travers le monde. Facebook était une entreprise très différente à l’époque, et au fur et à mesure que nous grandissions, nous avons pris conscience de la façon dont nos responsabilités se sont accrues. Nous prenons notre rôle très au sérieux et nous travaillons d’arrache-pied pour nous améliorer. Nous avons fait beaucoup de recherche avec des experts externes et des universitaires pour comprendre les effets de notre service sur le bien-être, et nous l’utilisons pour éclairer le développement de nos produits. Comme Mark Zuckerberg l’a récemment déclaré, nous sommes prêts à réduire notre rentabilité pour nous assurer que les bons investissements sont faits« .

Facebook est régulièrement pointé du doigt pour son pouvoir et son influence, en particulier lorsqu’il est question de désinformation et de sa capacité à influencer la perception des gens. Le géant de la technologie, ainsi que ses rivaux Twitter et Google, ont témoigné devant le Congrès américain le mois dernier sur l’impact des réseaux sociaux lors de l’élection présidentielle américaine et sur la façon dont les agents russes ont exploité les médias sociaux pour diviser la population.

Les législateurs ont à plusieurs reprises évoqué la possibilité de réglementer Facebook et d’autres réseaux sociaux.

Les utilisateurs avant le profit ?

Facebook cherche déjà à de se réglementer. Le jour même où l’entreprise a témoigné devant le Congrès, Zuckerberg a déclaré que son entreprise allait faire passer ses 2 milliards d’utilisateurs avant le profit. À l’époque, il a juré d’embaucher 10 000 autres personnes pour prévenir les abus sur sa plateforme.

De 2007 à 2011, Palihapitiya a travaillé comme vice-président pour la « croissance des utilisateurs mobiles et internationaux chez Facebook ». Lors de son discours à Stanford, il a déclaré que « les boucles de rétroaction que nous avons créées détruisent le fonctionnement de la société. Plus de discours. Plus de coopération. Et ce n’est pas un problème américain. Il ne s’agit pas de publicités russes. C’est un problème mondial. Nous sommes dans un très mauvais état, à mon avis.« 

Ce n’est pas la première fois qu’un ex-cadre critique le réseau social

Ce n’est pas la première fois qu’un ancien cadre de Facebook critique l’entreprise. Le mois dernier, Sean Parker, ancien président de Facebook, a déclaré que le site avait été conçu pour exploiter la façon dont les gens pensent et se comportent. Facebook n’a pas répondu aux commentaires de Parker.

Palihapitiya, par l’intermédiaire d’un porte-parole, a refusé de nous donner plus de précisions. Il toutefois a tenté de tempérer ses commentaires en indiquant que ses remarques ne concernaient pas spécifiquement Facebook, mais les réseaux sociaux en général. Palihapitiya a ajouté qu’il croyait que Facebook « a fait plus que n’importe quelle autre entreprise pour essayer de réparer ses torts« .

« Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où il est facile de confondre la vérité et la popularité, et vous pouvez utiliser l’argent pour amplifier tout ce que vous croyez et faire croire aux gens que ce qui est populaire est maintenant vrai […] La question qu’il faut dorénavant se poser est la suivante : comment vivons-nous dans un monde où cela est possible ? « 

Source : http://www.cnetfrance.fr/news/destructeur-du-tissu-social-facebook-se-justifie-nous-avons-grandi-ces-accusations-ne-sont-plus-valables-39861520.htm#xtor=RSS-300021